Mge Bozzo. Rencontre des Confréries limousines – église S. Joseph Saints Tite et Timothée – 26 janvier 2018

Publié le Mis à jour le

2 Tim 1, 1-8 ; Ps 50 ; Lc 22, 24-30

 Le petit diocèse de Séez, d’où j’arrive, a donné à l’Église de nombreux saints, parmi lesquels Saint Jean-Eudes, apôtre du Sacré cœur, Saints Louis et Zélie Martin, le seul couple canonisé de l’histoire de l’Église et leur dernière fille, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, docteur de l’Église et « la plus grande sainte des temps modernes », au dire de Saint Pie X. Malgré ce beau palmarès, au diocèse de Séez, il n’y a pas ni confrérie de Sainte Thérèse, ni confrérie de Saint Jean-Eudes, pas plus que de confrérie de Saint Latuin ou de Saint Godegrand, si l’on cherche du côté des évêques des premiers siècles.

J’arrive donc dans un diocèse où la mémoire des Saints est transmise et vénérée de manière active. Votre présence ce soir en est la preuve. Du moins je l’espère. J’espère que votre appartenance à une confrérie a bien pour but d’entretenir la mémoire, d’implorer l’intercession et d’imiter le modèle des saints limousins.

Cependant, notez bien que si jamais vous apparteniez à une confrérie pour une mauvaise raison, tout n’est pas perdu, si l’on en croit l’Évangile du jour. Mesurons bien la scène : au moment où, dans la plus grande humiliation, dans la plus grande déréliction, Jésus va donner sa vie pour eux et pour nous, les Apôtres se disputent pour savoir lequel d’entre eux est le meilleur.

Je veux croire que rien de tel ne se produit dans les confréries Limousines. Mais, si tel était le cas, vous seriez au niveau des Apôtres, ce qui est déjà pas mal. Et vous vous laisseriez enseigner par Jésus, qui les reprend avec douceur. On pourrait pourtant imaginer qu’il ait piqué un coup de sang : « quoi, à l’heure où je vais me sacrifier pour vous dans l’incompréhension et la souffrance, vous vous inquiétez de votre gloriole ! ».

Tout au contraire, Jésus les reprend avec douceur et pédagogie, s’appuyant sur l’exemple des puissants de ce monde, qui font sentir leur pouvoir. Ce qui est étonnant, c’est que, finalement, à ses  Apôtres qui se disputent pour des histoires de place, Jésus promet qu’ils siégeront su rdes trônes dans son Royaume !

Mais la voie d’accès au Royaume, où Jésus leur promet une place, est exactement l’opposée de la voie d’accès aux honneurs de ce monde. « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». Jésus nous promet le meilleur, le Royaume, le Paradis. Pour nous y hisser, il faut nous faire petits. Pas d’autre chemin. Ça ne signifie pas qu’il faille renoncer à toute responsabilité, à toute charge, ce n’est pas un péché d’être premier bayle, ou d’être évêque. C’est un ministère, c’est à dire un service. Un service est dévoyé s’il ne s’exerce pas dans un esprit de service. « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert ».

Martial, Aurélien, Léonard, Israël, Théobald, Ferréol, Eloi, Valérie ont été au milieu des limousins, quelles que fussent l’importance de leur responsabilité, comme ceux qui servaient. Ils servaient les pauvres, les prisonniers, l’évangélisation, l’Église… Ce soir, nous voulons rendre grâces pour eux ! Merci à vous chers confrères de nous aider à rendre grâces en conservant leurs reliques, et leur histoire, même si celle ci revêt une partie « légende dorée », nous savons qu’ils sont de la même chair que nous, qu’ils ont vécu les mêmes combats et servi le même Seigneur, dans l’histoire humaine compliquée et magnifique !

Comme Paul, nous recevons avec reconnaissance le souvenir de ceux qui nous ont précédé : « Je suis plein de reconnaissance envers Dieu que j’adore avec une conscience pure comme l’ont fait mes ancêtres » et encore « j’évoque le souvenir de ta foi sincère, c’était celle qu’habitait d’abord Loïs, ta grand-mère et celle d’Eunice ta mère ».

Avec Paul, nous rendons grâce pour nos pères dans la foi, pour ceux qui nous ont évangélisé. Mais ce faisant, nous ne sommes pas les conservateurs du patrimoine, « nous sommes les descendants d’un peuple de Saint », comme dirait Tobie. Rendre grâces pour les Saints Limousins, c’est nous inscrire dans leur sillage, comme Timothée dans celui de sa mère et de sa grand-mère.

Notre mission est donc une mission pour aujourd’hui. Soyez enracinés dans la foi reçue des Apôtres et transmise par nos amis les saints, mais pour vous inscrire dans cette même vocation à la vie Sainte au XXI° siècle. Sinon, à quoi bon ? A quoi bon vénérer les saints, si nous n’avons pas l’ardent désir de la sainteté. Refuserons-nous cette aventure ? La seule véritable aventure, écrivait Bernanos.

En rendant grâces avec vous ce soir, je vous exhorte donc avec les mots mêmes de Paul : « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. N’ayez donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur (…) mais avec la force de Dieu, prenez votre part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile » ! Ainsi soit-il.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Antoine_Bozo

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s