Abbé Legros

Désignation providentielle de (Saint) Loup -texte de 1638- comme évêque de Limoges.

Publié le Mis à jour le

  1. L’orthographe du texte initial a été conservée

ADELPHIUS en rangt des évesques 19 après le décedz duquel’évesché fust vacante. Parquoy le peuple s’assambla au

sépulcre de Sainct Martial pour impétrer de Dieu la grace d’eslire un bon pasteur au proffit de l’Église et contentement

du diocèse. Dont fust accordé qu’ils  envoyeroient au roy Clothaire deux pre&tres de saincte vie et honuestc converutiot). Le premier s’appelloit Luppus, ( Saint Loup) et l’autre ( ???), lesquelz furent_en cour, où ilz demeurèrent longuement sans avoir audience,pour expose rleur délégation. Cepandant le peuple prioit Dieu incessammant qu’il luy pleust illuminer le roy de nommer le plus idoineet cognu du roy de saincte vie.

Ce qui arriva par un miraclequi fust faict dans le palais du roy, à l’endroit de son filz atnëdétenu mallade d’une grosse fièvre continue, sans espérancede guerison, au dire des médecins. Et estant apelé Luppus pour le voir et faire sa prière, laquelle ayant faite et donnésa bénédiction, ledit malade fust guéry et ds tout hors defieuvre, ce qui le fist respecter. Et ayant sceu le roy sa délé-gation, luy donna aussitost ladite évesché, puis l’envoya à son diocèse. Lequel estant venu à Lymoges fust receu trèsbéningnement et en grand joye. Laquelle dignité n’enfla point son orgueil, mais augmenta son abstinance. vjvant dans unecomme il avoit faict cy-devant lorsqu’il estoit prostré et gardien du sépulcre de Sainct Martial, auquel lieu, par ses priè-res, jeunes et veilhes audit sépulcre, il avoit obtenu toutesces grâces. Laquelle vie il continua le surplus de ses joursfaisant plusieurs miracles, et mesmes après son décedz, quifust le 22 e may, auquel jour l’église de Lymoges faict mantion.

Et fust ensepvely dans l’église de Sainct-Michel-dcs-Lions deLymoges, laquelle n’estoit si grande comme de présent, auquellieu son corps repose dans une chapse,-et void-on soncercueil de pierre au-dessus de la porte de la sacristie, resplandissant en beaucoupt de miracles.

Et, pour dire de ladévotion, des peuples de touts sexes venoient de toutes parts du diocèze en dévotion la veille de la feste, et couchoient dans l’église jusques au lendemain. Laquelle coutûme a discontinué depuis quelques années par ordre de Mgr François de La Fayette , évesque de Limoges, causant quelques choses mal séantes à la dévotion ; Le peuple ne laisse de venir faire

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sa dévotion en très grand nombre. Voyez la translation au fueillet 155.

Notta que le corps sainct reposoit dans une chapse de cuivre surdoré et le chef dans des couppes d’argent.Mais un dévot prestre de ladite église nommé messire Jean Jabraud demandant à un sien amy orpheuvre, par forme de devis,combien cousteroit de couvrir la chapse d’argant, ce que luy ayant esté dit, de ce pas va fère son testament et tègue icelle somme pour ce fère. Lequel estant décédé, son héritier ne voullut payer, mais fère perdre, s’it eust peu.

Ce qui ne fust, car les bailles de la frérie de Saint-Loupt le firent actionner, et tant fust plaidé que plusieurs jugements seroient survenus, et enfin, par arrest ledit héritier fust condampné à payer ladite somme léguée, aveq les intérestz et despans qui montèrent beaucoup Laquelle somme n’estant suffisante pour faire un beau dessaingt, les habitans aydèrent, et fust faicte ladite chasse i’auuée [1645], laquelle pèze cinquante huict marcz d’argent, et fust faicte à Paris. Pandant lequel procès, il arriva de grands accidans audit héritier, par la cheute de partie d’une maison, où furent tués de ses enfans (1).

NDLRB. Cette facon pour un saint de « régler « ses comptes n’est  heureusement pas  confirmée par la critique historique. Voir ci-dessous dans la note  la mention suivante : « Au reste ni Legros, ni Bonaventure ne parlent du procès ».

A S »‘ Loupt sucéda à l’évesché de Lymoges HERTONOBERTUS en rangt des évesques 21, régnant en France Dagobert, premier du nom.

(1) V. Recherches historiques sur l’église paroissiale de SaintMichel des lions. Limoges, Bargeas, 1811, in-13, page 40. L’auteur, l’abbé Legros,  dit que la châsse fut  faite en 1645, que cette châsse et les coupes d’argent qui contenaient le chef de Saint Loup, furent entevées et détruites pendant la  Révolution, et renvoie, pour d’autres détails,  au P. Bonaventure, t. III, p. 232 et p. 849. Au reste ni Legros, ni Bonaventure ne parlent du procès. Ce dernier auteur dit que le cercueil de pierre était, non au-dessus, mais près de la porte de la sacristie. Nous ne savons ce qu’il est devenu

Annales manuscrites de Limoges : dites manuscrit de 1638 / publiées sous les auspices de la Société archéologique et historique du Limousin par Emile Ruben, Félix Achard, Paul Ducourtieux,…. 1872 P 81 à 83

http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-33183&I=191&M=tdm

 

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